Une faible demande et une faible inflation alimentées par une croissance économique lente étaient le statu quo d’avant crise. Désormais, les acteurs économiques doivent se préparer à un retour à des prix plus élevés, ainsi qu'à une croissance plus faible compte tenu de la hausse du coût de la vie.

Une poussée inflationniste

Même quand l’invasion en Ukraine prendra fin, l’inflation perdurera sur l’économie mondiale. L'inflation est un phénomène complexe aux multiples facettes et nous essayons toujours de trouver les meilleurs moyens de la contrôler. Bien qu'il s'agisse d'un problème mondial, celui-ci est exacerbé en Europe. Les taux d'intérêt sont négatifs et l'inflation espagnole s'élève à 10 %.

Il semble que l'inflation vienne de toutes les directions. Les problèmes d'approvisionnement sont toujours très présents, mais encore plus difficiles avec les nouveaux blocages en Chine dus à leur politique zéro covid. De plus, l'invasion de l'Ukraine par la Russie a encore aggravé le déficit d'approvisionnement, faisant rapidement augmenter les prix de l'énergie et des denrées alimentaires. Le prix des biens et services continuent d'augmenter en raison de la forte demande des consommateurs. Enfin les contributeurs traditionnels à l'inflation que sont les loyers, élevés et en hausse en Europe et aux Etats-Unis, et les salaires, en constante augmentation aux Etats-Unis, participent à l'envolée inflationniste.

Maîtriser l’inflation

Il est vrai que les banquiers centraux et les travailleurs se méfient de plus en plus de l'inflation. La crainte est que l'inflation augmente trop vite et ait un impact négatif sur l'économie. Mais pour le moment, la politique monétaire est beaucoup trop accommodante et les décideurs doivent commencer à relever les taux d'intérêt. Et ils devraient le faire rapidement. Les taux réels (rendements obligataires moins l’inflation) restent bien en dessous de zéro, ce qui est excellent pour les investisseurs en actions, mais pas pour les ménages à faibles revenus qui supportent le poids de la hausse des prix. Car même si les banques centrales ne peuvent pas faire grand chose face à l’inflation liée directement à l’envolée du prix des matières premières et aux pénuries, elles doivent à tout prix stopper l’emballement inflationniste en cours.

Une tendance inflationniste de long terme

Les gouvernements ont fait des pas vers des politiques plus indépendantes ces dernières années et ces tendances s'accélèrent encore plus avec ce qui se passe aujourd'hui. Les dépenses augmenteront pour favoriser la transformation en énergie verte, l'autosuffisance énergétique, la défense et la relocalisation des chaînes d'approvisionnement.

Si la tendance se poursuit, les pays devront davantage relocaliser leurs chaînes d'approvisionnement afin de réduire leur dépendance vis-à-vis des autres pour l'énergie, la nourriture et les matières premières. Les conséquences de cette évolution pourraient être considérables. Plus de coûts de production, des marges plus faibles, des investissements en capital élevés, plus de pression sur les salaires et une inflation élevée. Les gouvernements occidentaux sont préoccupés par leur approvisionnement fiable en énergie et matières premières des différents pays, le prix étant secondaire, elles sont donc destinées à augmenter. Sans matières premières russes, les pays occidentaux sont confrontés à des choix difficiles les amenant à modifier leurs alliances stratégiques, comme c’est le cas des Etats-Unis vis-à-vis du Venezuela.

Avec plus de dépenses fiscales et d’investissements, c’est un monde complètement différent de celui d’après crise qui se profile. Les taux d’intérêt réels devront augmenter car tout le monde ne peut pas dépenser en même temps si l’on veut contrôler l’inflation. Si les pays essayaient de se réindustrialiser, et en particulier les Etats-Unis, la situation macroéconomique serait douloureuse. L’inflation restera donc élevée et obligera les pays et les banques centrales à agir pour y faire face.

Quels impacts sur l’épargne des ménages ?

L'inflation diminue le pouvoir d'achat dont on dispose avec une monnaie au fil du temps.

Pour illustrer cet impact, prenons une épargne sans rendement ou une pension retraite qui subit une inflation de 5% par an. Après 13 ans, l’épargnant ne disposera plus que de la moitié de son pouvoir d’achat !

Pour amoindrir l’effet de l’inflation il existe différentes possibilités disponibles dans les produits d'épargne telle que l'assurance vie : les obligations indexées sur l’inflation, les matières premières, les produits de taux disposant d'une échéance courte, se focaliser sur les réinvestissements des pays exportateurs de matières premières, etc.

Les ménages seront confrontés à des choix difficiles car leur position habituelle - attente et accumulation d'épargne sans rendement - sera la position qui subira le plus l'érosion due à l'inflation.

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